Toile de Jouy
- par Emmanuel Muraille
Arachné Brussels est profondément attachée à la tradition, et la toile de Jouy est l’une de ses expressions les plus emblématiques.
La « Toile de Jouy » est une technique d'impression textile inspirée des « indiennes »— des tissus en coton imprimés qui étaient très en vogue au XVIIIe siècle. En France, Christophe-Philippe Oberkampf (1738–1815) a fondé la manufacture Oberkampf à Jouy-en-Josas en 1760, spécialisée dans les tissus en coton imprimés. Son succès fut immédiat. En 1783, l’entreprise se vit attribuer le prestigieux titre de Manufacture royale, rejoignant ainsi les rangs d’institutions renommées telles que la manufacture des Gobelins et la manufacture de porcelaine de Sèvres.
Le génie d'Oberkampf résidait non seulement dans son engagement sans faille en faveur de la qualité, mais aussi dans sa capacité à s'entourer d'artistes au talent exceptionnel.
Au départ, chaque motif était minutieusement gravé à l'envers sur des blocs de bois. Ces blocs étaient encrés, puis tamponnés à la main sur du tissu en coton — un processus lent et exigeant en main-d'œuvre. L'introduction de cylindres en cuivre gravés a révolutionné la production, permettant à la manufacture d'imprimer les tissus à un rythme bien plus rapide tout en conservant une précision remarquable.
Après la mort d'Oberkampf, la concurrence industrielle croissante, l'évolution des goûts et les difficultés économiques ont fini par entraîner la fermeture de la manufacture en 1843.
Aujourd'hui, le Musée de la Toile de Jouy à Jouy-en-Josas préserve et met à l'honneur ce remarquable patrimoine textile.
Pour la collection collection printemps-été 2026 , l’artiste Mado Berthet a créé à la fois un imprimé placé et un motif répétitif sans couture. S'inspirant des personnages, des décors architecturaux et des paysages caractéristiques de la toile de Jouy, elle a fidèlement réinterprété ce style tout en respectant la palette de couleurs des motifs originaux du XVIIIe siècle.





